La mort est une cessation définitive de l'activité du corps humain.
En droit français, c'est l'activité cérébrale qui est prise en considération pour définir le passage de la "vie" à la mort. Ainsi, la cessation définitive de l'activité cérébrale marque le passage de vie à trépas.
Ce qui est gênant dans une réflexion sur la mort, c'est que l'on est constamment obligé de se référer à la "vie", qui, elle, est très difficilement définissable. Il faut donc résoudre la difficulté de la définition de la "vie" avant de considérer la mort.
Constatons ensemble que tout être humain connaît un jour une cessation définitive de l'activité de son corps. L'ensemble organique "corps" est définitivement arrêté et l'on constate alors le début de son dépérissement. Les causes de cette cessation sont diverses, rarement volontaires, très fréquemment involontaires, mais produisent rigoureusement les mêmes effets.
La mort se définit donc très bien sur le plan biologique, les organes cessent d'assurer leur rôle : plus d'oxygénation des muscles, plus de circulation sanguine, plus d'activité nerveuse autonome, plus d'activité cérébrale...
Si l'on définit la "vie" comme étant l'activité du corps, alors oui, la mort est la fin de la vie.
Corps actif = vie Corps définitivement arrêté = mort donc : mort = non vie
Mais l'on doit considérer un concept un peu plus large que celui fonctionnel de "vie" : celui d'existence.
Descartes se définit comme "étant" (réel) à partir de sa capacité à penser. "Je" existe car "Je" pense.
Ce "Je", est-il ou non inextricablement lié à la "vie" ?
Si la réponse est oui, on considère que la fin de la vie (mort du corps) est également la fin de l'existence et, donc, la mort du "Je".
Si la réponse est non, on considère alors que la fin de la vie (mort du corps) n'a aucune incidence sur l'existence et, donc, que le "Je" persiste "par-delà" le corps.
On touche là à une question philosophique essentielle :
- Quelle est la nature de ce "je" s'il est indépendant de la matérialité du corps ?
- Où persiste ce "je" lorsque le corps meurt ?
- Existe-t-il une mort du "je", de la même manière qu'il existe une mort du corps ?
La notion d'ordre désigne la manière dont différents éléments d'un ensemble sont organisés les uns par rapport aux autres.
L'unité n'a pas besoin d'ordre, elle est agencée, harmonieuse, accomplie.
Auguste comte érigeait la famille comme élément de base de l'ensemble société. L'homme, lui, ne peut constituer un élément puisqu'il est un et, par conséquent, ordonné.
L'homme, pris individuellement, est donc ordonné, harmonieux et accompli... Sa consommation d'anxiolytiques, d'antidépresseurs et de stupéfiants le prouve !
Non, l'homme est destructuré car il vit dans un monde destructuré. La cellule familiale n'existe plus ou, au mieux, elle existe dans des formes dégradées : familles monoparentales, couples pathologiques, couples de même sexe, familles "d'accueil".
Cette destructuration se poursuit dans les institutions traditionnelles : l'école remplit de plus en plus mal sa fonction d'uniformisation de la société sur un socle commun de valeurs et de connaissances, l'église est devenue égliseS en conflits plus ou moins ouverts, plus ou moins rationnels.
L'homme et la nature constituent également un ensemble. L'idée d'écosystème devrait logiquement impliquer que l'homme, au même titre que les autres composants de ce réseau d'interdépendances (faune, flore, cycles divers), vive en harmonie avec son environnement. Force est de constater qu'il n'en est rien : l'homme a dominé son environnement, l'a asservi à son propre profit. L'ensemble est désordonné, l'harmonie est rompue.
Comment envisager que l'homme puisse faire autre chose que se haïr lui-même, individu seul et destructuré, spectateur de l'écroulement de l'ensemble (société) et des sous-ensembles (famille, nation, groupe spirituel, écosystème) auxquels il appartient ? La vie est devenue un produit, la société un marché et l'homme un consommateur.
L'humanité se compose de plus de morts que de vivants et notre progrès passe avant tout par la connaissance de notre histoire, la réappropriation de nos savoirs et par notre ardente volonté de progresser collectivement.
L'amour pour principe, l'ordre pour base et le progrès pour but.
Auguste Comte est mort le 05 septembre 1857, il y a 150 ans.
Passion est passivité de l'âme et activité du corps. René Descartes
J'ai vu rouge. J'ai agi sous le coup de la colère. J'ai pété les plombs. Je ne maîtrisais plus rien. J'étais hors de moi. J'étais fou de rage. Je l'ai tué par amour. Toutes ces phrases ont un point commun : une émotion a piloté un acte. J'aime à penser que c'est la raison qui gouverne nos actes. Au quotidien, nous prenons les décisions et nous agissons dans notre intérêt (personnel ou collectif). Notre libre arbitre nous permet de faire ce que notre raison estime être le bien.
L'émotion, elle, n'a aucune dimension raisonnable, elle pilote les décisions et les actes sans que l'âme n'ait son mot à dire. Décide-t'on de tomber amoureux, d'être déprimé, d'être joyeux, d'être haineux ? Non, au même titre que la raison n'a pas son mot à dire lorsque la main se retire par réflexe d'une plaque brûlante, la raison reste passive face aux émotions.
Dans la tradition philosophique, l'émotion se désigne par le terme de passion (pathos pour les Grecs). L'émotion est subie par le corps, elle est passive. La raison anime le corps, elle est active.
Les neurosciences nous font découvrir progressivement le poids de la génétique. Les romantiques s'exaltaient du sentiment amoureux là où l'on découvre une succession de production et de transmission de messages chimiques (hormones, phéromones) et une primalité de reproduction de l'espèce. Le bon partenaire est celui qui affiche sa fécondité et une capacité à protéger sa progéniture, tant par sa force que par son patrimoine génétique (nous sommes attirés par les individus disposant d'un système immunitaire différent du nôtre, on est bien loin du coup de foudre romantique, n'est-ce pas ?). Douloureux constat : nous sommes toujours des animaux, c'est le poids de notre évolution génétique, que nous voulions le reconnaître ou non.
La raison (logos chez les Grecs) permet d'agir en mobilisant nos savoirs et nos valeurs. L'action raisonnée est réputée éclairée et juste. Bien entendu, elle peut être détournée pour agir pour le "mal" comme par exemple pour porter préjudice à autrui à des fins narcissiques ou égoïstes. Néanmoins, l'action est choisie et accomplie "froidement", sous la seule impulsion de la raison.
Aussi, la raison et la passion sont deux sphères opposées sur le plan philosophiques et physiologiques. L'une est active, l'autre est subie. L'interaction entre les deux, c'est la modération : la raison peut atténuer les passions sans toutefois, dumoins à mon sens, les faire disparaître. L'homme qui surprend son épouse aimée dans le lit de son amant subira immédiatement un flot de passions (haine, culpabilité, trahison, amour, destruction) qu'il pourra immédiatement raisonner par la mobilisation de sa conscience (détermination des possibles, mise en perspective des évènements, refus de l'impulsion). L'action passionnée pourra déboucher sur un acte destructeur (homicide), sur une extériorisation du trop plein de passions (hurlements, coups, effondrement psychologique...). A l'inverse, une action objectivement raisonnée conduira à une communication sereine, quelle que soit le contenu du message transmis et des décisions exprimées.